Ploërmel

 

Ville ducale au riche passé du moyen-âge à nos jours, parcourez les rues de la cité ou profitez d’une balade au milieu des hortensias.
Rendez-vous sur la place devant l’église pour commencer le parcours ! La moitié se passe dans le centre-ville et l’autre près du Lac au Duc afin de découvrir Ploërmel dans toute sa diversité.

Pendant votre visite : attention aux voitures lorsque vous traversez la route !

Animations

Été 2019 : accueil touristique dans la roulotte au lac au duc (côté club nautique)
tous les jours en juillet et aout de 13h à 19h. Les samedis et dimanches de 14h à 19h
Festival ArthMaël tous l’été – renseignement au 02.97.74.08.21 au Pôle culturel

Visites guidées : uniquement pour les groupes toute l’année

 

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En bref : Ploërmel pour les pressés

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Ville ducale       
Pendant plusieurs siècles, la ville sera favorisée par les ducs de Bretagne qui y tiendront des assemblées et y logeront régulièrement. À voir :
— l’hôtel des Ducs de Bretagne rue Beaumanoir
— le tombeau des ducs Jean II et Jean III dans l’église Saint-Armel             
— les anciennes fortifications et maisons dans le cœur de ville

Le Lac au Duc   
Il est l’un des plus vastes plans d’eau artificiels de Bretagne. Autrefois longé par la voie ferrée du « Petit Pelot » transformée maintenant en une voie verte, il est un agréable lieu de promenade.
Il fut le théatre des actions de la Résistance bretonne pendant la Seconde Guerre mondiale : l’opération « Cockle » et le « panier de cerises ».

Ville de légende et de nature    
Découvrez la légende du fondateur de la ville : saint Armel et le dragon jeté au fond du lac ! Laissez-vous charmer par les fées ou optez pour une balade détente au milieu des hortensias, symboles de la Bretagne.

Les origines de la ville

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Ancien territoire traversé par des voies gauloises puis romaines, Ploërmel fait ses débuts de vraie « ville » grâce à saint Armel vers 525. Ce moine de Grande-Bretagne accoste en « petite Bretagne » pour l’évangéliser. Il arrive par la côte à Plouarzel et s’enfonce dans la Bretagne intérieure. Il évangélise les populations sur son passage et s’installe à l’emplacement de la ville actuelle. Le nom de la cité vient de « Plou » qui signifie « clan » ou « communauté » en breton et Armel. « Plou Armel » deviendra Ploërmel.

Les premières traces écrites décrivant Ploërmel avec des fortifications datent de 1116 dans une charte de Conan III qui parle de « place forte de Ploërmel ». Toutefois, on retient plus volontiers que c’est Eudes de Porhoët, gendre de Conan III, qui fit construire les premières fortifications. La ville a besoin d’être protégée… En effet, elle subira jusqu’à 16 sièges entre 1341 et 1594 ! Au XVIIIe siècle, on commence à les démanteler, car elles sont inutiles. On utilise alors les pierres pour construire des maisons. Les noms des rues rappellent l’ancienne disposition de la ville : rue des Herses, rue Porte-d’en-haut, rue des Douves…         
Approchez-vous des portes de l’église.   

Conan III : Comte de Rennes et Duc de Bretagne de 1112 à 1148.

L’église Saint-Armel

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À ce même emplacement, 400 ans plus tôt, vous vous seriez trouvé devant les remparts, cachant l’église. C’est pour cette raison que la façade sud est si peu décorée. Remarquez aussi que l’église n’est pas droite. La partie du choeur est un peu décalée. Cette inclinaison est due à la réfection et l’agrandissement de l’église de 1511 à 1602. La ville est prospère grâce au commerce et l’on souhaite un édifice plus impressionnant que l’église d’alors qui tombe en ruine. Mission accomplie : la taille du nouveau bâtiment pousse souvent les visiteurs à l’appeler cathédrale alors qu’elle reste bien une église.

La façade nord est beaucoup plus décorée. Les baies sont ornées de scènes diverses de la Bible, mais aussi des scènes bouffonnes. Les portes rouges représentent les 12 apôtres, saint Paul, saint Armel et l’Annonciation.

À l’intérieur se trouvent plusieurs tombeaux dont celui du duc Jean II décédé alors qu’il avait l’honneur de tenir la mule du pape Clément V en procession à Lyon. Un parapet de pierre cède sous le poids des gens venus voir le pape et tombe sur le duc, mortellement blessé.

Levez les yeux : vous pouvez admirez les vitraux retraçant la vie de saint Armel, l’arbre de Jessé, la voûte en bois ornée de très belles sablières et des poutres à têtes de dragon.

 

Chœur : partie sacrée de l’église où se trouve l’autel.

Cathédrale : église où se trouve l’évêque du diocèse. Ici, nous sommes dans le diocèse de Vannes, la cathédrale est donc à Vannes.

Baie : en architecture, ouverture dans un mur

Annonciation : Moment où l’archange Gabriel annonce à Marie sa grossesse divine.

Arbre de Jessé : arbre généalogique présumé de Jésus à partir de Jessé, père du roi David. Tout en haut, on aperçoit Marie tenant Jésus.

Sablière : poutre horizontale placée contre le mur d’où partent les poutres qui traversent le bâtiment. Dans les églises, elles sont souvent sculptées.

Une histoire de dragon

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Passons maintenant à la légende. Ce n’est pas pour rien que saint Armel est représenté avec un dragon. Sa mission de convertir le peuple au christianisme ayant été, jusque-là, un franc succès, un seigneur local, Guy, lui donne la terre de Guibourg en remerciement.

Un cadeau fort généreux, mais à double tranchant. Sur cette terre, dans les marais, vit un terrible dragon, appelé aussi guivre, qui terrifie la population. On dit qu’il garde un trésor et… comble du comble, ce dragon aurait le don de ne jamais dormir !     
Saint Armel, sans peur, va à l’encontre du dragon, mais il ne le tue pas. Enroulant son étole autour du cou de la bête, il le précipite dans une rivière aujourd’hui recouverte par le lac au Duc. Voyant la réussite du saint, la population l’acclame et se convertit au christianisme.

Le dragon ou la guivre symbolise le paganisme ou le Mal qu’un saint vient affronter, devenant ainsi un saint sauroctone.     
Pensez à saint Michel, souvent représenté avec un dragon terrassé à ses pieds. Dans le livre de l’Apocalypse de saint Jean, le dragon est l’incarnation de Satan.

Pendant 200 ans à partir du 16 août 1600, une pièce sera jouée dans les anciennes halles au fond de la place de l’Union. Écrite par messire de Baudeville, « La légende de Saint-Armel » (tragédie en vers) sera donnée tous les ans le jour de la Saint Armel. La Révolution y met fin.

Sortez maintenant de l’église, prenez à droite, contournez une partie de l’édifice et poursuivez jusqu’à la statue du père Mathurin au milieu du parking.

 

Sauroctone : personne ou saint ayant vaincu, chassé ou dompté des dragons, guivres ou vouivres.

Au coeur de la ville

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Vous voici aux pieds du père Mathurin, vendeur de journaux emblématique de la ville. Face à lui se tient la communauté des frères de La Mennais. Suivez les panneaux pour découvrir l’horloge astronomique dans le jardin intérieur. Créée par le frère Bernardin entre 1850 et 1855, cette horloge comporte pas moins de 10 cadrans et un planétarium. Elle a été construite dans le cadre d’un projet pédagogique avec ses élèves et avec l’aide des frères. Une vidéo explique en détail tout son fonctionnement.
Revenez ensuite sur la place et partons pour un tour des vieilles demeures.           

Prenez la rue principale qui longe la place (rue du Val), dos à l’ensemble religieux, en partant du rond-point. Sur votre gauche vous arriverez à l’office de tourisme. Partons d’abord dans la première ruelle à droite, rue Beaumanoir, en face du café et de l’office. Si vous levez la tête, vous pouvez d’ailleurs voir une statue en bois au coin du bâtiment.

100 ans plus tôt, beaucoup plus de maisons anciennes auraient été visibles. Tout changea en 1944… Ploërmel est occupée par les Allemands à partir de juin 1940 et bombardée par l’aviation américaine les 12 et 13 juin 1944, détruisant plus de 450 bâtiments et soufflant les vitraux de l’église.
Découvrons ensemble l’histoire de quelques-unes de ces maisons. Avancez tout droit jusqu’à la maison peinte en rouge et ornée de sculptures en bois.

À l’époque des ducs de Bretagne

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C’est la maison des marmousets. On discerne des cariatides, le nom du commanditaire — Caro — et la date de construction — 1536.       

À droite, l’hôtel des ducs de Bretagne témoigne de la place privilégiée de la ville qui, du XIIe au XVIe siècle, accueillait souvent les assemblées.            
Au carrefour suivant, à droite, rue des Francs-Bourgeois, se trouve une jolie bâtisse : la maison au croissant qui se distingue par ses pierres de taille de couleurs alternées. Continuez tout droit : vous arrivez sur une place. On y trouve, un peu dissimulé, le puits de la Cohue. Il permit d’alimenter la ville en eau pendant les nombreux sièges, mais aussi d’éteindre l’incendie de celui de mai 1487.   
C’est au fond de cette place que se trouvait la « porte d’en haut » avec un pont-levis.

Anecdote :         
Le 21 avril 1594, une guerre fait rage entre les catholiques et les protestants. Le duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne et fervent catholique, part du château de Comper pour rallier Ploërmel. Il veut profiter du Vendredi saint, alors que tout le monde est à l’office, pour attaquer par surprise. Le gouverneur de la ville, Pierre Perret, sorti de la messe pour une affaire pressante, aperçoit de sa fenêtre six paysans suspects qui entrent par la porte d’en haut. Il regarde plus attentivement et aperçoit des hommes cachés sous le pont ! Il court vite sonner l’alarme. S’ensuit une bataille dont Ploërmel sortira vainqueur.         

Sur la place, dirigez-vous vers le Café des Quatre soldats avec les fenêtres et portes peintes en rouge.

 

 

Marmouset : originalement, nom donné aux conseillers du roi Charles VI au XIVe siècle. En architecture, ce terme peut désigner les petites sculptures de personnages grotesques décorant les édifices.

Cariatide : statue de femme souvent vêtue à la grecque qui remplace une colonne ou un pilier.

Évasion, passage secret et couvent

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Ce café abritait la maison des gestionnaires de la prison au XVIIe siècle. Elle était occupée par la famille de Crévy qui chargeait l’un de ses paysans de faire la garde à sa place. La prison était dans un piteux état et, au XVIIIe siècle, l’on disait qu’il suffisait d’y rester deux semaines pour attraper la fièvre maligne. Le sénéchal évitait même de condamner les personnes pour les petits délits afin de ne pas avoir à les y emprisonner ! Grâce à son rapport, la prison fut mise en travaux et agrandie. En 1792, un des prisonniers essaya d’ailleurs de s’enfuir par… les latrines ! Cette tentative infructueuse se solda pour une mise aux fers. En parlant d’évasion, on raconte qu’un passage secret permettait de relier cette place au monastère des Carmes, derrière l’office de tourisme.    

Rendez-vous sur le grand parking accolé au café des Quatre Soldats. Si vous prenez à droite, vous pourrez voir la tour du Thabor. Il s’agit de l’une des 9 tours qui encerclaient la ville fortifiée. À gauche, direction la Poste, vous marcherez sur les anciennes douves. Un morceau de remparts se dresse encore sur votre gauche. Au fond, face à vous, se dresse la chapelle bleue. Elle est maintenant un centre culturel. À côté, vous trouverez le couvent des carmes qui abrite la bibliothèque. L’office de tourisme est à nouveau devant vous.

Rendez-vous à l’ancienne gare, rue du Pardon. Indications

 

Indications : Comptez 2 min en voiture et 10 min à pied en prenant la rue de la Gare à droite après l’office de tourisme (en remontant vers la place avec la statue du père Mathurin).

Tous à bord du train !

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Si l’on n’entend plus le train passer près de Ploërmel, il a pourtant été en activité pendant 110 ans.
27 juin 1881 : le premier train entre en gare de Ploërmel. La ligne Ploërmel–Questembert est dirigée par la Compagnie privée d’Orléans. Il faut 1h pour relier les deux villes (de nos jours, 30 minutes en voiture suffisent). Trois trains de voyageurs et un de marchandises circulent tous les jours.
En 1902, on agrandit la ligne. Les maires et conseillers montent à chaque gare, les foules se massant pour saluer les personnalités politiques. Le train est une véritable animation et il le sera encore plus en 1912 lorsque l’Australian Circus arrivera avec 20 wagons, 50 artistes, 60 animaux, dont des éléphants, chameaux, buffles et zèbres !

Aux élections sénatoriales de 1932, la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest organise même des trains spéciaux pour aller voter à Vannes. Départ de Guer à 5h18, deux heures plus tard ainsi que deux changements, arrivée à 7h58 à Vannes. Il fallait être motivé !

Malheureusement, plusieurs déraillements en 1938 et 1939 entrainent la fin du transport de voyageurs. Les autobus prennent le relais. Les trains de marchandises continueront de circuler jusqu’en 1991.

La voie verte a maintenant remplacé les rails, laissant place aux vélos et randonneurs et offrant un maillage de 2000 km avec 8 itinéraires, dont 2 passant à Ploërmel. La gare, quant à elle, accueille une école de bijouterie et d’orfèvrerie.

Le Petit Pelot

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Nous ne pouvons pas quitter la gare sans parler du train qui marqua le plus les Ploërmelais : le « Petit Pelot », inauguré en 1912.            
Petit train à l’ambiance bon enfant, il sillonne lentement la campagne de Ploërmel au Porhoët via des voies plus étroites que la normale et moins coûteuses. Il faut alors 1h30 de trajet pour seulement 25 km… Il avançait donc à 16 km/h. Un vélo aurait pu le doubler !        
Il ne fallait pas forcément être pressé. On s’arrêtait pour prendre de l’eau à la rivière ou même… boire une bolée ! On raconte qu’en passant dans le village de Bodiel, en Taupont, le mécanicien et le chauffeur furent invités à une noce et prirent le temps de boire une bolée et de danser une valse avant de reprendre la route !      
La vitesse descend parfois même à seulement 8 km/h pour les ponts ainsi que les passages à niveau. À cette époque, point de barrière faute d’argent, alors le conducteur siffle pour signaler son arrivée et chacun doit faire attention à son auto.      
Utile à tous, il sert à aller au marché de Ploërmel pour vendre ses produits. Les paysans sans montre et habitant loin des églises pouvaient se fier aux 4 passages journaliers du Petit Pelot pour connaitre l’heure (avec une bonne marge d’erreur).

La ligne du Petit Pelot a été transformée en itinéraire multi-activités. Vous pouvez toujours l’emprunter pour aller au Porhoët. Suivez-la jusqu’à notre prochain arrêt, le Lac au Duc. Indications

 

Indications : 1 km en voiture (2 min), prendre la rue du Pardon vers le nord. Au rond-point, prendre à gauche direction Taupont puis à droite direction Golf du Lac au Duc, circuit des Hortensias. Garez-vous sur le parking à droite. À pied, prendre la voie verte (15 min) et tourner à gauche en direction du circuit des hortensias.

Le lac au duc, lieu d’histoire

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250 hectares d’eau s’étendent devant vous et sur les trois communes de Ploërmel, Taupont et Loyat. Ce grand lac fut aménagé au XIIIe siècle par des moines bénédictins venus de Saint-Gildas-de-Rhuys (sur la côte du Morbihan). Ils installent un prieuré dans le Vieux-Taupont et plusieurs moulins pour la farine. Ils profitent alors du cours de l’Yvel qui alimente le lac.     
En 1257, le plan d’eau est cédé au duc de Bretagne et devient le Lac au Duc.
L’empreinte de l’homme se retrouve pourtant plus tôt avec la possible présence d’un pont en bois installé par les Gaulois puis un en pierre par les Romains avec un poste de garde, près de l’actuel hôtel du Roi Arthur. D’ailleurs, le nom de Taupont viendrait de ce camp du pont « campus ponti » qui donna Campont au IIe siècle. La légion quitte le pays et, petit à petit, Campont devient Talpont, « Tal » signifiant « à côté de » en breton, donc à côté du pont. Talpont devient Taulpont puis la forme finale Taupont.

Ploërmel a joui, grâce au lac, d’un statut privilégié en Bretagne… Elle est en effet l’une des premières villes à avoir l’électricité grâce à la première usine à eau inaugurée le 21 août 1892 en grande pompe. Bénédiction du château d’eau, concert, courses de vélocipèdes et bal ponctuent la journée. Monsieur le Maire est ravi et vante les mérites de l’électricité face à l’éclairage au gaz et à l’huile : « le point de départ d’une nouvelle ère de progrès ».

 

Vélocipède : ce terme regroupe les cycles à propulsion humaine, quel que soit le nombre de roues. Vélo, tricycle ou encore grand-bi !

Résistance et parachute

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Le lac a aussi été le témoin de la Résistance. En 1942, deux agents de la France Libre sont parachutés au-dessus de ses eaux : la mission « Cockle » commence. Son objectif est de larguer des armes afin d’équiper l’armée secrète du Morbihan ainsi que le réseau « Action » mené par le chef d’escadron Maurice Guillaudot alias « Yodi ».           
À Ploërmel, Henri Calindre, dit Mystringue, conteur en gallo et secrétaire de mairie, aide à cette mission ainsi que bien d’autres. Il est arrêté par la Gestapo en 1944 sans pour autant parler. Il sera malheureusement fusillé en juin après avoir pu entendre que ses actions avaient porté leurs fruits. Ainsi, un « panier de cerises » peut être envoyé en Angleterre par « Yodi ». Derrière ce drôle de nom se cache un dossier complet sur les défenses allemandes dans le Morbihan en 1943. Cette action restera célèbre dans l’histoire des renseignements français, fruit du travail de collaboration entre les résistants et la population, elle aussi aux aguets de la moindre information.

Approchez-vous, du sentier des hortensias. Il s’étend sur votre droite, le long du lac.

Histoire rapportée : Ne jamais se moquer des fées

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« Quand les fées, autrefois, logeaient au fond des eaux, on les voyait la nuit tourner dans les roseaux. Elles dansaient vêtues de jolies robes blanches, leurs cheveux blonds et lourds les couvraient jusqu’aux hanches.
Parfois, au clair de lune, elles allaient prier à genoux près d’un chêne ou d’un gros peuplier. Un meunier de Loyat, hâbleur et malhonnête, connu dans tout le pays pour être une forte tête, disait à tout venant que s’il les rencontrait, il leur ferait la chasse et les insulterait. Couché dans son chariot parmi ses pochetées, en revenant le soir, il se moquait des fées. Il criait vers l’étang son plus gros juron et rentrait se coucher pour cuver sa boisson.          
Or, vous savez combien les fées sont susceptibles et savent se venger par des moyens terribles.
Lassées par les propos du meunier fanfaron, un soir, sur son chemin, elles vinrent danser en rond. Dès qu’il les aperçut, il fouetta sa monture qui part au galop, entrainant la voiture. Et, dans un train d’enfer, il voulut les pourchasser. Le groupe, devant lui, tournait sans se lasser et, tout près du cheval, maintenait la distance. Les fées, dessus les eaux, prolongèrent la danse sans soucis du danger, l’homme les poursuivait. À Bel-Air, le chariot sauta le parapet et l’ennemie des fées passe dans l’autre monte. Il git au fond du Lac, et l’on dit que sur l’onde, lorsque sonne minuit, les fées viennent toujours danser comme autrefois, jusqu’à la fin des jours. 
»         
Rapporté par un berger en 1933.

Balade nature : Le circuit des hortensias

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L’hortensia est connu pour être l’un des symboles de la Bretagne. Unique en France, ce circuit de 3 km (environ 1h30) inauguré en 2000 vous fera découvrir 550 variétés d’hydrangea (terme botanique pour désigner l’hortensia) avec plus de 4000 plants.
Cette fleur viendrait originellement du Japon. C’est le botaniste Philibert Commerson qui fit le tour du monde aux côtés de Bougainville qui en ramènera en France après en avoir découvert sur l’île de la Réunion puis sur l’île Maurice. C’est aussi Commerson qui lui donnera le nom d’Hortensia.

Savez-vous qu’à quelques kilomètres à peine, à Taupont, se trouve la pépinière Les hortensias du Haut-Bois, unique en Europe ? Cette pépinière tenue par des passionnées a la particularité d’avoir aménagé des jardins ouverts au public. Vous pouvez ainsi flâner dans le jardin de Louison ou Faustine, les deux enfants du couple d’exploitants. Un nouveau jardin est d’ailleurs en préparation, la ronde des dames, avec seulement des variétés aux noms de gentes dames.

Créée en 1982, la pépinière regroupe plus de 2 000 variétés anciennes. C’est dans cet écrin de nature que l’on découvre avec étonnement que les hortensias prennent bien des formes différentes et que certains viennent même du Canada !  
Leurs couleurs dépendent du type de sol sur lequel ils poussent et peuvent même changer dans l’année. Petite astuce en direct de la pépinière : quand votre hortensia pique du nez, c’est qu’il a eu chaud, mais surtout qu’il a reçu trop d’eau ! Alors attention à la noyade.